👯 Dans Les Plis Sinueux Des Vieilles Capitales

Dansles plis sinueux des vieilles capitales Sylvie Taussig; Ouvrage indisponible Éditeur Editions Galaade Pages 1680 Parution août 2012 Format Grand format Langue Français Dimensions 18.5 × 13.5 × 4.6 cm EAN 9782351761717 Résumé; Cela a commencé pendant la nuit et personne ne l'a remarqué : ce furent les premiers éléments. Une sorte de pou dans le Lesvilles sont comme les femmes : pour inspirer des sentiments aux hommes, il faut qu'elles aient un passé. L'homme demande du mystère. Il veut se perdre dans les plis sinueux des vieilles capitales ; Il veut se perdre dans les plis sinueux des vieilles capitales ; il veut se perdre dans les plis sinueux d'une âme compliquée. JoséCorti, 2002. Dans les plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des êtres singuliers, décrépits et charmants Charles Baudelaire « Les petites vieilles ». Dans une rue au coeur d’une ville de rêve, Ce sera comme quand on a déjà vécu: Un instant à la fois très vague et très aigu Dans les plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes, Éponine ou Laïs! Monstres brisés, bossus Ou tordus, aimons-les! ce sont encor des âmes. Sous des jupons troués et sous de Et à plusieurs reprises, la voirie sera évoquée de façon métaphorique, tels les «plis sinueux des vieilles capitales » des «Petites Vieilles » (I, 89), ou le «labyrinthe fangeux » du «Vin des chiffonniers » (I, 106). La rue et le boulevard sont à l’évidence peu visibles dans cette poésie. Or, l’invisibilité d’un élément ne signifie pas pour autant son absence : Walter Dansles plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Les Sept Vieillards ; Les Aveugles; Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) -- Tableaux parisiens Les Petites Vieilles. À Victor Hugo. I Dans les plis enhaut des falaises, beau dans les îles lointaines. Il est beau au coin de la rue, dans les plis sinueux des vieilles capitales. Il est beau où il y a du calcaire et beau où il y a du granit. Sa splen-deur est sans limites. La route est longue, cependant, avant de pouvoir chanter à voix haute un alléluia. Une vie d’efforts n’y Dansles plis sinueux des vieilles capitales (Grand format) achat en ligne au meilleur prix sur E.Leclerc. Retrait gratuit dans + de 700 magasins Retrait gratuit dans + de 700 magasins MENU Dansles plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes, Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossus Ou tordus, aimons−les ! ce sont encor des âmes. Sous des jupons troués et sous de 6TJGzLG. A Victor HugoIDans les plis sinueux des vieilles capitales,Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements,Je guette, obéissant à mes humeurs fatalesDes êtres singuliers, décrépits et monstres disloqués furent jadis des femmes,Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossusOu tordus, aimons-les ! ce sont encor des des jupons troués et sous de froids tissusIls rampent, flagellés par les bises iniques,Frémissant au fracas roulant des omnibus,Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ;Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ;Se traînent, comme font les animaux blessés,Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettesOù se pend un Démon sans pitié ! Tout cassésQu'ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille,Luisants comme ces trous où l'eau dort dans la nuit ;Ils ont les yeux divins de la petite filleQui s'étonne et qui rit à tout ce qui Avez-vous observé que maints cercueils de vieillesSont presque aussi petits que celui d'un enfant ?La Mort savante met dans ces bières pareillesUn symbole d'un goût bizarre et captivant,Et lorsque j'entrevois un fantôme débileTraversant de Paris le fourmillant tableau,Il me semble toujours que cet être fragileS'en va tout doucement vers un nouveau berceau ;A moins que, méditant sur la géométrie,Je ne cherche, à l'aspect de ces membres discords,Combien de fois il faut que l'ouvrier varieLa forme de la boîte où l'on met tous ces Ces yeux sont des puits faits d'un million de larmes,Des creusets qu'un métal refroidi pailleta...Ces yeux mystérieux ont d'invincibles charmesPour celui que l'austère Infortune allaita !IIDe Frascati défunt Vestale enamourée ;Prêtresse de Thalie, hélas ! dont le souffleurEnterré sait le nom ; célèbre évaporéeQue Tivoli jadis ombragea dans sa fleur,Toutes m'enivrent ; mais parmi ces êtres frêlesIl en est qui, faisant de la douleur un mielOnt dit au Dévouement qui leur prêtait ses ailes Hippogriffe puissant, mène-moi jusqu'au ciel !L'une, par sa patrie au malheur exercée,L'autre, que son époux surchargea de douleurs,L'autre, par son enfant Madone transpercée,Toutes auraient pu faire un fleuve avec leurs pleurs !IIIAh ! que j'en ai suivi de ces petites vieilles !Une, entre autres, à l'heure où le soleil tombantEnsanglante le ciel de blessures vermeilles,Pensive, s'asseyait à l'écart sur un banc,Pour entendre un de ces concerts, riches de cuivre,Dont les soldats parfois inondent nos jardins,Et qui, dans ces soirs d'or où l'on se sent revivre,Versent quelque héroïsme au coeur des droite encor, fière et sentant la règle,Humait avidement ce chant vif et guerrier ;Son oeil parfois s'ouvrait comme l'oeil d'un vieil aigle ;Son front de marbre avait l'air fait pour le laurier !IVTelles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,A travers le chaos des vivantes cités,Mères au coeur saignant, courtisanes ou saintes,Dont autrefois les noms par tous étaient qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire,Nul ne vous reconnaît ! un ivrogne incivilVous insulte en passant d'un amour dérisoire ;Sur vos talons gambade un enfant lâche et d'exister, ombres ratatinées,Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ;Et nul ne vous salue, étranges destinées !Débris d'humanité pour l'éternité mûrs !Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,L'oeil inquiet, fixé sur vos pas incertains,Tout comme si j'étais votre père, ô merveille !Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins Je vois s'épanouir vos passions novices ;Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices !Mon âme resplendit de toutes vos vertus !Ruines ! ma famille ! ô cerveaux congénères !Je vous fais chaque soir un solennel adieu !Où serez-vous demain, Èves octogénaires,Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu ? Description Dans les plis sinueux des vieilles capitalesLivre d'occasion écrit par Taussig, Sylvieparu en 2012 aux éditions Editions LITTÉRATURE GÉNÉRALE - Romans - Romans francophonesCode ISBN / EAN La photo de couverture n’est pas contractuelle. En lire plus Commentaires sur l'état tranche légèrement salie Etat Très bon état Auteur Taussig, sylvie Editions Editions galaade Année 2012 Langue Français Format Moyen ISBN 9782351761717 À propos de la boutique Bibliothèques Sans Frontières 66 avenue du patis - ZA de la couronne des près 78680 Epone Bienvenue sur la boutique en ligne de Bibliothèques Sans Frontières ! Romans, essais, littérature jeunesse, livres d'art ou de cuisine... redonnez une seconde vie aux livres et faites un geste ... [Lire la suite] Les Garanties Label Emmaüs Paiement sécurisé Label Emmaüs vous procure une expérience d’achat en ligne sécurisée grâce à la technologie Hipay et aux protocoles 3D Secure et SSL. Satisfait ou remboursé Nous nous engageons à vous rembourser tout objet qui ne vous satisferait pas dans un délai de 14 jours à compter de la réception de votre commande. PRIX ÉTAT VENDU PAR FERMER Ça va vous plaire Voici une sélection de produits similaires CORPUS DE TEXTESObjet d'étude poésieTexte 1 Les Petites vieilles » de Charles Baudelaire [1821-1867] - section Tableaux parisiens » - recueil Les Fleurs du Mal » 1857.Texte 2 Les Usines » d'Emile Verhaeren - recueil Les Villes tentaculaires » publié en 1895.Texte 3 Zone » de Guillaume Apollinaire [1880 -1918], recueil poétique intitulé Alcools » publié en 4 A New York » de Léopold Sédar Senghor [1906-2001], recueil Ethiopiques » 1956.Voir les textes ci-dessous en fin de de réflexionLe regard des poètes porté sur l'espace ville, un territoire poétique, une source d'inspiration pour les renouvellement poétique aux XIX et XXèmes siècles l'ancrage urbain, une esthétique de la modernité, un renouveau des formes voyage, une aventure intérieure. Les émotions suscitées par la ville dans l'esprit des tonalité des textes, entre l'éloge et le blâme, la joie et la d'écriture à votre tour, vous décrirez de manière poétique et en prose une ville de votre du professeur, corpus de textes soumis à l'attention des élèves fait office bien souvent d'une feuille de route qui fixe le cap. La description se fondera ici sur un dispositif codifié avec un nombre précis d'objectifs à atteindre qui s'énoncent ainsi * Décrire un petit bout d'une ville ou d'une localité, d'une manière enjouée, enthousiaste et rayonnante, en prêtant son attention à sa singularité, sans toutefois gommer la présence humaine...* On chapeaute son texte d'un titre accrocheur.* Seul maître à bord, on choisit la ville mégalopole ou bourgade provinciale qui sera décrite, on mentionne le nom des lieux, on veille à la précision de la topographie.* On utilise le pronom personnel indéfini on » ou bien la tournure impersonnelle, on a recours au présent de l'indicatif tout au long de cette flânerie où le regard s'attarde sur le décor urbain.* On déploie une pratique adaptée au sujet en tirant profit du pouvoir d'attraction des procédés de style qui sont au c½ur du dispositif.* On attend un texte qui regorge d'images, de figures de style des outils rhétoriques adaptés devraient aider la mise en page reformulations imagées, comparaisons, métaphores, modalisateurs impliquant une proximité du narrateur avec le paysage urbain. Le registre lyrique, laudatif, élégiaque couvre tous les champs possibles de la louange, de l'éloge se rapportera au tableau des procédés littéraires mis en ligne RecommandationsPlace au jeu de dînette. Il s'agit de faire défiler des images qui accaparent l'attention, en se remémorant un vaste pêle-mêle de bons souvenirs, enrichis par des moments de recueillement, de contemplation préalables description itinérante, itérative. C'est le témoignage de la beauté qui fait la force de ce texte d'invention, et qui motive ses choix esthétiques celui d'une merveilleuse rêverie, par exemple.Au pied du mur, la première vertu est de faire émerger une voix par sa manière de représenter le réel, de libérer la créativité qui ne doit pas s'essouffler en cours de route. L'écriture d'invention nous amène à disposer de marges d'initiative et de liberté pour construire son cela n'est pas dû au hasard... Les promenades d'un visiteur doté d'une acuité de l'observation servent d'appui à cet exercice d'écriture. Le témoignage, habité par les murmures imperceptibles de la ville, par ses frissonnements secrets, chemine pas à pas vers une révélation d'un trait sobre et précis comme dans un carnet de bord agenda journalier genre story-board, road-movie ou trekking, consistera à donner à voir des formes de vie. Il suffit de se laisser aller à l'observation inlassable en arpentant ce territoire citadin. Ce qui nécessite de laborieux efforts pour former un tout description est un travail de mise en images qui n'interdit pas une construction soignée, ni la vigueur du style puissance visuelle des images poétiques. Ces fragments de poésie urbaine imprimeront au texte son allant et lui donneront une résonance toute description est une expérience sensorielle nourrie d'images et d'émotions. C'est à la fois la vie de l'écriture et l'écriture de la vie qui est au c½ur de ce travail. Autrement dit, une mise en forme écrite d'une déclaration d'amour pour ce lieu. Comme si une part de soi-même voudrait que nous revenions sur nos pas...On peut s'inspirer d'un autre sujet, assez proche, en visualisant des travaux d'élèves Le choix pour cette proposition d'écriture d'invention s'est porté sur la ville de Valparaiso, au Chili... Valparaiso, el valle del paraíso...Valparaiso ne fait pas que souffler un vent nouveau sur nos pérégrinations. Ville de la bourlingue, de la badauderie, de la flânerie, cette cité est une galerie d'art à ciel ouvert, une vitrine de musée qui donne sur la rue. Valparaiso arrête tout. Chaque maison ou immeuble arrête notre regard. A commencer par la maison-musée de Pablo Neruda, La Sebastiana », perchée sur la colline Bellavista, une visite à ne pas manquer. Jamais les poètes n'ont été aussi proches de leur terre. Des mosaïques rendent hommage à Gabriela Mistral à l'angle des rues Ricardo Ferrari et Alejandro Beltràn. légende de la photographie vers de la poétesse chilienne Gabriela Mistral [1889-1957] tirés de son recueil Poema de Chili » à propos de Valparaiso se pierde Valparaiso guinando con sus veleres y barcos empavesados que llaman a que embarquemos pero no cuentan sirenas con estos aventureros... »Les peintures murales mêlent les corps nus et les motifs végétaux, tropicaux, associant les fleurs, les animaux à des autoportraits troublants, un peu gribouilles qui frappe dans ce labyrinthe de ruelles et de chaussées parfois défoncées, ce sont ces fresques en enfilade, des plus osées ou potaches aux plus chatoyantes ou étranges. Au fil des promenades cum pedibus jambis, en baguenaudant à travers le dédale de rues sinueuses, les motifs picturaux font irruption flanc à flanc. Dans ces quartiers cramponnés aux collines de la ville les cerros, les façades dédiées aux street artists montrent un esprit d'originalité et d'excentricité sans pareil. Tout se passe comme si la cité voulait créer un cercle de mécènes amoureux de l'art pictural et de la décors surréalistes, comme pris au piège entre les croisées, sous des échafaudages de tôle parfois, se réinventent d'une rue à l'autre. Comme si elles étaient destinées à nous proposer, non pas ce qui est rentable, mais ce qui est désirable. Sous ces fresques d'art, des chiens errants et des chats de gouttière s'accordent de longues siestes. Ils croupissent sur place comme des gardiens de musée qui sommeilleraient incognito malgré l'affluence des badauds... On arpente, à la conquête des cerros, les escaliers aux tracés sinueux, mais jamais à grands pas. On ne se fait pas faute, bien entendu, de trouver toutes les bonnes raisons de s'engouffrer dans un funiculaire ou un ascenseur bravant la déclivité des 44 collines ascensores » Artilleria, Baron, El Peral ou Reina Victoria qui font cohabiter la cuvette littorale - le plano de la ciudad et les quartiers résidentiels pentus. C'est aussi le seul moyen de transport vers les Cerros Larrain, Florida et Lecheros. Des funiculaires pugnaces la Compagnie des ascensores mécaniques a été fondée en 1882, jamais désespérés de la ligne droite, nous conduisent au sommet de butes qui surplombent la ville. Du haut de ces belvédères, qui rivalisent de beauté avec les miradouros lisboètes, le panorama s'impose comme un rendez-vous avec le remue-ménage indescriptible, inclassable, juvénile, intimiste, inimitable, se pare d'une fascinante étrangeté. Au détour des rues, impasses et parvis, jaillissent des câbles électriques, tentaculaires, comme de maigres traces de la fils électriques ou de téléphone s'étirent au-dessus du bitume comme de fragiles cordes à linge, exténuées par les menaces telluriques le dernier tremblement de terre date de 1906. Leurs chevelures ébouriffées zèbrent les façades multicolores des maisons qu'elles ne parviennent pas à faire fourmillement de la population los porteños bat son plein dans les quartiers du port et la plaine littorale. Ces quartiers qui longent les entrepôts et le port militaire d'où Pierre Loti embarqua pour les îles de Pâques bouillonnent de vie. Des serveurs arpentent les trottoirs boursouflés pour racoler les convives en vantant la composition des petits plats du Pacifique. L'accès à la table de ces petits restaurants populaires ne s'obtient pas sans efforts ni sans négociations sur les tarifs. Le passant rechigne, ronchonne et puis le sourire du serveur met tout le monde d'accord. On se retrouve attablé dans un boui-boui affichant des airs de pension de famille, où l'on se sent chez soi et où la musique est reine. L'authenticité des chiliens se reconnaît dans le registre de l'hospitalité universelle. Chacun fait attention à l'autre, et pas seulement les laveurs de pare-brise à la sauvette. Le centre ville est sillonné par des tramways, trolleybus et taxis collectifs qui ont plusieurs décennies de trafic routier à leur actif. Sur les hauteurs de la ville, dans les remontées et les virages, on ressent des frissons à entendre les crissements des pneus qui mordent les virages. Ou pire, un embrayage enrhumé. Les éboueurs font une entrée musclée dans les cerros tout comme les livreurs de bouteilles de gaz ou les marchands forains. La vie est ici un bal champêtre. La musique de cirque, de fanfare ou de fiesta et la cumbia chilienne s'écoutent gratuitement. Cette polyphonie tourne à la cacophonie quand les aboiements des chiens ou les miaulements des matous se mêlent au concert. Les taxis en maraude font paresseusement la ronde du matin au soir et jusque tard dans la nuit. Un carrousel de toits jaunes ou noirs qui laisse penser que les courses de taxi ne finiront jamais. Les bus à la carrosserie décatie déboulent à un angle, tout à trac. Le parcours torrentueux d'un cerros à l'autre les fera dévaler à toute bringue les rues tortueuses. Tout en saccades. Avec au volant, un roulier des mers reconnu pour avoir le compas dans l'½il. Valparaiso nous manquera toujours. Il faudrait partir. Et on ne peut pas. Ou alors virtuellement, avec le souvenir entêtant d'une énigme amoureuse. Travail personnel de 1 Les Petites vieilles » de Charles BaudelaireIDans les plis sinueux des vieilles capitales,Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements,Je guette, obéissant à mes humeurs fatalesDes êtres singuliers, décrépits et monstres disloqués furent jadis des femmes,Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossusOu tordus, aimons-les ! ce sont encor des des jupons troués et sous de froids tissusIls rampent, flagellés par les bises iniques,Frémissant au fracas roulant des omnibus,Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ;Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ;Se traînent, comme font les animaux blessés,Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettesOù se pend un Démon sans pitié ! Tout cassésQu'ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille,Luisants comme ces trous où l'eau dort dans la nuit ;Ils ont les yeux divins de la petite filleQui s'étonne et qui rit à tout ce qui Avez-vous observé que maints cercueils de vieillesSont presque aussi petits que celui d'un enfant ?La Mort savante met dans ces bières pareillesUn symbole d'un goût bizarre et captivant,Et lorsque j'entrevois un fantôme débileTraversant de Paris le fourmillant tableau,Il me semble toujours que cet être fragileS'en va tout doucement vers un nouveau berceau ;A moins que, méditant sur la géométrie,Je ne cherche, à l'aspect de ces membres discords,Combien de fois il faut que l'ouvrier varieLa forme de la boîte où l'on met tous ces Ces yeux sont des puits faits d'un million de larmes,Des creusets qu'un métal refroidi pailleta...Ces yeux mystérieux ont d'invincibles charmesPour celui que l'austère Infortune allaita ! II De Frascati défunt Vestale enamourée ;Prêtresse de Thalie, hélas ! dont le souffleurEnterré sait le nom ; célèbre évaporéeQue Tivoli jadis ombragea dans sa fleur,Toutes m'enivrent ; mais parmi ces êtres frêlesIl en est qui, faisant de la douleur un mielOnt dit au Dévouement qui leur prêtait ses ailes Hippogriffe puissant, mène-moi jusqu'au ciel !L'une, par sa patrie au malheur exercée,L'autre, que son époux surchargea de douleurs,L'autre, par son enfant Madone transpercée,Toutes auraient pu faire un fleuve avec leurs pleurs ! III Ah ! que j'en ai suivi de ces petites vieilles !Une, entre autres, à l'heure où le soleil tombantEnsanglante le ciel de blessures vermeilles,Pensive, s'asseyait à l'écart sur un banc,Pour entendre un de ces concerts, riches de cuivre,Dont les soldats parfois inondent nos jardins,Et qui, dans ces soirs d'or où l'on se sent revivre,Versent quelque héroïsme au coeur des droite encor, fière et sentant la règle,Humait avidement ce chant vif et guerrier ;Son oeil parfois s'ouvrait comme l'oeil d'un vieil aigle ;Son front de marbre avait l'air fait pour le laurier ! IV Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,A travers le chaos des vivantes cités,Mères au coeur saignant, courtisanes ou saintes,Dont autrefois les noms par tous étaient qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire,Nul ne vous reconnaît ! un ivrogne incivilVous insulte en passant d'un amour dérisoire ;Sur vos talons gambade un enfant lâche et d'exister, ombres ratatinées,Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ;Et nul ne vous salue, étranges destinées !Débris d'humanité pour l'éternité mûrs !Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,L'oeil inquiet, fixé sur vos pas incertains,Tout comme si j'étais votre père, ô merveille !Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins Je vois s'épanouir vos passions novices ;Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices !Mon âme resplendit de toutes vos vertus !Ruines ! ma famille ! ô cerveaux congénères !Je vous fais chaque soir un solennel adieu !Où serez-vous demain, Èves octogénaires,Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu ? Texte 2 Les Usines » d'Emile Verhaeren Les usines », d'Emile Verhaeren [1855-1916]Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres Et se mirant dans l'eau de poix et de salpêtreD'un canal droit, marquant sa barre à l'infini,Face à face, le long des quais d'ombre et de nuit,Par à travers les faubourgs lourdsEt la misère en pleurs de ces faubourgs,Ronflent terriblement usine et de granit et monuments de briques, Et longs murs noirs durant des lieues,Immensément, par les banlieues ;Et sur les toits, dans le brouillard, aiguillonnéesDe fers et de paratonnerres,Les regardant de leurs yeux noirs et symétriques, Par la banlieue, à l' le jour, la nuit,Les usines et les les quartiers rouillés de pluie et leurs grand-rues ! Et les femmes et leurs guenilles apparues,Et les squares, où s'ouvre, en des cariesDe plâtras blanc et de scories,Une flore pâle et carrefours, porte ouverte, les bars Etains, cuivres, miroirs hagards,Dressoirs d'ébène et flacons folsD'où luit l'alcoolEt sa lueur vers les des pintes qui tout à coup rayonnent,Sur le comptoir, en pyramides de couronnes ;Et des gens soûls, debout,Dont les larges langues lappent, sans phrases,Les ales d'or et le whisky, couleur à travers les faubourgs lourds Et la misère en pleurs de ces faubourgs,Et les troubles et mornes voisinages,Et les haines s'entrecroisant de gens à gensEt de ménages à ménages,Et le vol même entre indigents,Grondent, au fond des cours, toujours,Les haletants battements sourdsDes usines et des fabriques symétriques.recueil d'Emile Verhaeren, Les Villes tentaculaires » publié en 1895 Texte 3 Zone » de Guillaume Apollinaire A la fin tu es las de ce monde ancien Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matinTu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaineIci même les automobiles ont l'air d'être anciennesLa religion seule est restée toute neuve la religionEst restée simple comme les hangars de Port-AviationSeul en Europe tu n'es pas antique ô ChristianismeL'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie XEt toi que les fenêtres observent la honte te retientD'entrer dans une église et de t'y confesser ce matinTu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout hautVoilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journauxIl y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventure policièresPortraits des grands hommes et mille titres diversJ'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nomNeuve et propre du soleil elle était le claironLes directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographesDu lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passentLe matin par trois fois la sirène y gémitUne cloche rageuse y aboie vers midiLes inscriptions des enseignes et des muraillesLes plaques les avis à la façon des perroquets criaillentJ'aime la grâce de cette rue industrielle[...]extrait du poème Zone » de Guillaume Apollinaire, recueil poétique intitulé Alcools » publié en 1912. Texte 4 A New York » de Léopold Sédar Senghor [1906-2001], recueil Ethiopiques » 1956.New York ! D'abord j'ai été confondu par ta beauté, ces grandes filles d'or aux jambes timide d'abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givreSi timide. Et l'angoisse au fond des rues à gratte-cielLevant des yeux de chouette parmi l'éclipse du ta lumière et les fûts livides, dont les têtes foudroient le cielLes gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d'acier et leur peau patinée de quinze jours sur les trottoirs chauves de Manhattan– C'est au bout de la troisième semaine que vous saisit la fièvre en un bond de jaguarQuinze jours sans un puits ni pâturage, tous les oiseaux de l'airTombant soudain et morts sous les hautes cendres des un rire d'enfant en fleur, sa main dans ma main fraîchePas un sein maternel, des jambes de nylon. Des jambes et des seins sans sueur ni un mot tendre en l'absence de lèvres, rien que des c½urs artificiels payés en monnaie forteEt pas un livre où lire la sagesse. La palette du peintre fleurit des cristaux de d'insomnie ô nuits de Manhattan ! si agitées de feux follets, tandis que les klaxons hurlent des heures videsEt que les eaux obscures charrient des amours hygiéniques, tels des fleuves en crue des cadavres d'enfants.[...]Extrait du poème A New York » de Léopold Sédar Senghor [1906-2001], publié dans le recueil Ethiopiques » 1956. Posted on Saturday, 06 April 2019 at 1209 PMEdited on Saturday, 06 April 2019 at 138 PM

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